الخميس, 11 آب/أغسطس 2016

Synthèse de rapport L’état des lieux religieux au Maroc 2009/2010 2ème édition

Synthèse de rapport L’état des lieux religieux au Maroc 2009/2010 2ème édition

 

Synthèse de rapport

L’état des lieux religieux au Maroc 2009/2010

2ème édition

Le projet de rapport sur l’état des lieux religieux au Maroc 2009/2010 dans sa 2ème édition élaboré par le Centre Marocain d’Etudes et de Recherches Contemporaines, s’inscrit dans une optique de renforcer la recherche dans les affaires religieuse sous l’angle des sciences sociales, de procéder à la description, à l’interprétation et à la prospection de la situation religieuse de notre pays, et de permettre une maîtrise du champ aux acteurs et décideurs pour apprécier les politiques publiques dans ce domaine.

La période s’étalant depuis la publication du 1er rapport à nos jours a permis aux auteurs de bénéficier d’une accumulation scientifique en la matière à travers des rencontres avec des acteurs religieux, académiques et décideurs ce qui a concouru à  approfondir le débat et la compréhension des affaires relatives à l’état des lieux religieux au Maroc. Ces débats ont permis la conception de nouvelles dimensions de l’objet de l’étude, ce qui va contribuer au renforcement des capacités d’analyse et d’interprétation du rapport.

 Les observations méthodologiques, théoriques et empiriques qu’a formulées l’équipe de recherche sur le 2ème ouvrage de l’état des lieux religieux au Maroc, à partir des discutes internes, des remarques des différents acteurs, et d’autres recherches élaborées dans ce domaine ont conduit à donner au rapport une plus-value analytique profonde, et à surpasser les défaillances qui ont marqué la 1ère édition.

Le rapport a conclu les orientations suivantes :

  • Continuité des indicateurs d’augmentation de religiosité ;
  • Continuité des initiatives institutionnelles ;
  • Tendances des acteurs sociaux à s’adapter avec les mutations ;
  • Persistance des défis résultant de la limite des effets de la religiosité sur les rapports sociaux ;
  • Développement de l’impact des affaires religieuses sur les politiques nationales et internationales du Maroc.

Cadre conceptuel et méthodologique du rapport

Le rapport sur l’état des lieux religieux au Maroc 2009/2010 s’est appuyé sur une démarche opérationnelle fondée sur l’étude de cas en tant que méthode qualitative capable de cerner la plupart des aspects du phénomène objet de l’étude dans ses diverses étendues, et de s’investir des résultats quantitatifs pour l’analyse du phénomène. Le rapport s’est usé théoriquement de la méthode d’analyse systématique pour étudier les comportements des acteurs religieux, les relations internes et rapports de divergence et de coopération entre eux, et les interactions entre la conduite individuelle et les institutions religieuses qui soupèsent la religiosité des individus en définissant le réseau des acteurs dans le mouvement de religiosité au Maroc, pour procéder ensuite à la définition des notions clefs adoptées pour la description et l’analyse de l’état des lieux religieux au Maroc, et qui sont au nombre de quatre notions fondamentales (la religion, la religiosité, les valeurs et l’acteur religieux). Chacune de ces notions renvoie à l’un des axes du rapport. La notion de la religion est l’objet du 1er axe relatif à la réalité religieuse, les notions de religiosité et des valeurs renvoient aux interactions des valeurs et des défis de la religiosité objet du 3ème axe, alors que l’acteur religieux évoque le 2ème axe  consacré aux acteurs religieux officiels (Prince des Croyants, Ministère des Habous et des Affaires Islamiques, Conseils Scientifiques…etc.) et le 4ème axe des acteurs religieux relevant de la société civile(mouvements islamiques, Zaouias…).

Ce rapport a bénéficié du rapport sur l’état des lieux de religiosité en Egypte publié par Le Centre Al Ahram des études stratégiques 1995/1996 qui est devenu ultérieurement un projet de guide pour les mouvements islamiques, et s’est fondé sur l’expertise méthodologique provenant des études sociologiques quantitatives et sur terrain réalisées  sur la religion et la religiosité au Maroc. Par ailleurs, et même en exploitant les résultats des études politiques et sociologiques sur l’état des lieux religieux au Maroc, le rapport s’est toujours gardé de ne pas revêtir le caractère catégoriel incomplet qui a entaché certaines de ces études.

C’est pourquoi le rapport a adopté trois sources d’informations, la première étant les documents et rapports officiels et non officiels, la deuxième consiste en l’observation objective de la réalité et finalement par des contacts directs avec les acteurs du champ religieux, ce qui a permis de classifier les données selon des indices centraux ordonnés par une unité principale d’observation de laquelle dérive plusieurs indices secondaires.

Dans sa version actuelle le rapport sur l’état des lieux religieux au Maroc est passé de la description à l’interprétation en envisageant la réalité d’abord et en procédant ensuite à l’analyse des événements selon une interprétation systématique qui tend à maitriser les rapports entre le système religieux d’une part et les autres systèmes d’autre part social, politique, culturel et économique, afin de développer la description en interprétation puis en prospection.

 Il faut noter que lorsqu’il s’agit de l’interprétation ou la prospection l’état religieux nécessite beaucoup de précision et de prudence méthodologique.

A cet effet le rapport état religieux 2009-2010 se veut ponctuel et objectif dans la collecte, l’observation et l’analyse des faits et données observés sans toutefois prétendre une objectivité absolue.

 Axes du rapport :

Sur 363 pages le rapport est le fruit d’un travail collectif mené par une équipe de recherche de disciplines et préoccupations diversifiées regroupant les sciences sociales, politiques, linguistiques, les études islamiques et avec la participation des journalistes. Il est composé de cinq axes à savoir :

Axe1 : la réalité religieuse au Maroc :

Ce chapitre est consacré à étudier les grandes aptitudes religieuses des Marocains et à donner un aperçu sur les mouvements de ces aptitudes en profitant du développement de la recherche sociale. A cet effet le rapport a sollicité les études sur terrain éditées en matière de la religiosité, l’identité et les valeurs, de manière à pouvoir assurer la continuité de cumul des indices chiffrés sur le développement des pratiques et des concepts sociaux sur la religion et la religiosité chez les Marocains. lors des dernières années, pour faire des comparaisons géographiques et historiques entre les études réalisées afin de maitriser les évolutions qu’a connues la vie religieuse au Maroc pendant ces deux années. Le rapport a consulté quatre études sociologiques sur terrain. Dont une établie par le Centre Marocain d’Etudes et de Recherches Contemporaines sur les jeunes Marocains et la religiosité ,et trois études étrangères. La première est réalisée  par l’Université de Maryland sur l’opinion publique arabe et les questions de l’identité et des valeurs. La deuxième est un rapport réalisé par l’institut GALLUP en 2010 sur l’approche de religiosité par la présentation du facteur économique d’une part et la mise en exergue des indicateurs de confiance dans les institutions et les pratiques des rites religieuses d’autres part, et la dernière source était un rapport publié par la Fondation Anna Lindh en 2012 relatif à l’éducation religieuse des enfants.

Selon l’étude sur la jeunesse et religiosité qu’a élaborée le centre le taux des jeunes qui font leur prière systématiquement atteint  47% et les résultats  montrent une prépondérance féminine au niveau de la prière chez les femmes avec 59% contre seulement 36% pour les hommes. Le «Imam » de la Mosquée est considéré la source principale de la connaissance religieuse chez les jeunes avec un taux de 40% suivi de la famille avec 23%.

Pour éclaircir les apparences de cette tendance religieuse le rapport a adopté 8 indicateurs comme suit :

  • Indicateur mosquée et objet de la prière : la construction des mosquées et leur fréquence constitue l’une des principales apparences de la religiosité marocaine, soit en ce qui concerne la contribution des bienfaiteurs dans leur édification ou pour ce qui est du rayonnement des mosquées. Ils existe au Maroc environ 49700 mosquées dont 18300 « Jamaä » et 9000 mosquées pour la prière des deux fêtes Alfitre et Aladha . les 2 années 2000 et 2010 ont enregistré l’octroi d’une enveloppe de 130 Mdh en tant qu’aide de soutien pour les préposés religieux, 860 Mdh comme dotation annuelle des Imams, 78 Mdh pour la qualification des préposés religieux, et 19 Mdh pour les charges de l’entretien des Téléviseurs aux mosquées. Par ailleurs en 2009 un crédit Budgétaire de 1.13 MMdh a été dévolu au programmes national de mise à niveaux des mosquées et 2010 a vu la promulgation du dahir relatif à la fondation Med VI pour la promotion des œuvres sociales pour les préposés religieux.
  • L’indicateur de Ramadan et le jeûne : le rapport a évoqué les caractéristiques de religiosité des Marocains pendant le mois de Ramadan notamment l’augmentation de fréquence des Mosquées, la multiplication des participants à la lecture du coran aux mosquées, la densité des activités de bienfaisance et de solidarité sociale et la croissance des programmes de vulgarisation organisés par les conseils scientifiques locaux.
  • L’indicateur du pèlerinage qui occupe une place importante dans la vie des marocains en tant qu’héritage historique avec des traductions enracinés de son estimation. Le rapport a traité le système du tirage au sort adopté pour la gestion de la demande sur le pèlerinage et les défis se rapportant à ce système. Le quota du Maroc est estimé à 32.0000 bénéficiaires alors que la demande sur le pèlerinage est passée de 120.000 en 2007 à 220.0000 en 2009 et à plus de 270.000 et 2010 sachant que 15% du total des bénéficiaires est réservée aux personnes âgées de 81 ans et plus.
  • L’indicateur de la fatwa, du conseil et d’orientation religieuse par l’étude du développement des activités de vulgarisation dans les mosquées, les causeries hassaniennes etc…
  • L’indicateur la préservation du Saint Coran, de l’enseignement traditionnel et des écoles coraniques : en mettant l’accent sur les activités et les initiatives populaires et officielles relatives à la préservation des écoles coraniques et à la solitude de leurs usagers.
  • L’indicateur du mouvement d’édition religieuse : en suivant le développement de l’intérêt accordé à la publication du livre religieux. En effet environ 300 titres ont été publiés dans les différents types de connaissance religieuse en 2009 et 2010. La ligue Mohammedia des Oulémas a publié à elle seule environ 40 titres pendant cette période.
  • L’indicateur des Habous : cette période a connu l’agrégat des textes juridiques relatifs à ce domaine dans un code des Habous islamiques en outre de plusieurs activités et initiatives qui visaient la qualification du rendement des habous et leur mise en des projets qualitatifs.
  • L’indicateur des financements islamiques notamment en ce qui concerne les nouveautés législatives qui se rapportent à cet indicateur et les défis relatifs à sa gestion sur le plan socio-économiques.

Axe 2 les acteurs religieux

Le rapport  a tenté d’étudier l’activité des acteurs du champ religieux au Maroc d’éclaircir leurs attraits et les types de leur interaction ainsi que les incidences de ces activités sur le reste des dynamismes de la société et de l’Etat. le champ religieux est constitué d’un réseau complexe d’acteurs dont les enjeux, tentations, les effets, les niveaux d’activité, et le rythme de mobilité sont diversifiés ce qui nécessite de mettre en exergue leur capacité d’influence des modes de religiosité et le seuil de leur effets sur le développement de l’état des lieux de religiosité au Maroc. En effet  il  y a lieux de rappeler que ce champ incorpore beaucoup de composantes en l’occurrence le prince des croyants, l’institution des oulémas, le ministère des Habous et des Affaires Islamiques, les Zaouis et les mouvements islamiques.

Axe 3 : les défis de religiosité au Maroc

Cet  axe se rapporte aux différents aspects qui entravent une religiosité proche du modèle typique. Les défis ont été définis à partir d’un ensemble de considérations méthodologiques du rapport. Ils  sont au nombre de 9 comme suit :

  • Le défi des mœurs et des valeurs : regroupant plusieurs indices notamment la prostitution, le trafic d’êtres humains, les rapports sexuels, la drogue les jeux du hasard, la criminalité et la corruption au Maroc.
  • Le défi familial : en exposant la réalité et les défis de la famille marocaine, les mutations démographiques qu’elle a connues, l’impact de l’émigration féminine interne, le phénomène des avortements, les appelées « mères célibataires », la violence contre les femmes, l’impact du code de la famille sur la société notamment en ce qui concerne l’accroissement du taux de divorce et finalement les réactions internationales à propos de la famille marocaine.
  • Le défi de la pédophile : les années 2009 et 2010 ont enregistré des mouvements significatifs contre le harcèlement et les abus sexuels sur les enfants manifestés par le volume des évènements et faits se rapportant aux deux sujets au Maroc, un bon nombre de revues et de journaux ont traité la violation sexuelle des enfants à travers des dossiers, reportages, témoignages ou articles d’opinion, le phénomène des abus sexuels sur les enfants a aussi suscité des expressions populaires et civiles sous forme de proclamations.
  • Les défis linguistiques et culturels : le débat linguistique constitue un axe d’intérêt pour les acteurs politiques, académiques et sociaux pendant les deux années 2009 et 2010. Depuis le colloque organisé par le conseil supérieur autour du thème enseignement et apprentissage de langues dans les systèmes d’éducation état des lieux et perspectives. Beaucoup d’activités colloques, rencontres conférences ont été tenus pour traiter la question linguistique au Maroc.
  • Le défi des problèmes d’enseignement : les 2 années 2009 et 2010 ont été marquées par une mobilité remarquée au niveau de l’enseignement dû à l’apparition des fléaux de fraude, drogue, corruption, harcèlement des filles ce qui reflète les mutations des valeurs qu’enregistreent les écoles marocaines.
  • Le défi de l’école (Madhab) : en exposant les mesures entreprises par les autorités publiques concernant la conquête Chiite Qui consiste en la diffusion du Chiisme sous le patronage de l’ambassade Iranien à Rabat selon les responsables Marocains à l’issue des tensions politique qui ont conduit à la rupture diplomatique entre les deux pays.
  • Le défi de christianisation : le Maroc a été exposé en 2009 et 2010 à une compagne de christianisation qui visait non seulement les classes sociales vulnérables profitant ainsi de la pauvreté et l’analphabétisation mais visait aussi les enfants et les mineurs. Les mesures entreprises par les autorités marocaines ont suscité des contestations nationales et internationales sur la liberté de culte au Maroc.
  • Le défi de normalisation politique : le processus de normalisation politique entre les Maroc et l’entité sioniste s’est déroulé de manières différentes mais complémentaires secrètes et déclarées avec  un rythme qui varie d’une année à l’autre. Les deux années  2009 et 2010 ont vu plusieurs rencontres officielles et non officielles entre le Maroc et l’entité sioniste les aspects de normalisation englobent les domaines politique, économiques, diplomatique, touristique, culturel, artistique, associatif et sportif.

Axe 4 : les interactions religieuses économiques, politiques et culturelles.

            Cet axe est consacré  à identifier les interactions du champ religieux avec les autres champs sociaux ainsi que les impacts de ces interactions, à cet effet trois principales  interactions ont été choisies:

  • Les interactions de l’économique et des valeurs : selon le rapport élaboré par l’organisation transparence international en 2009 sur l’indice de corruption le Maroc occupait le rang 89 en 2009 et 85 en 2010 et la corruption coûtait 2% du PIB. un autre rapport de la banque mondiale en 2009 considérait que le manque d’une politique e réédition des comptes ne permet pas d’atteindre les objectifs escomptés en matière de développement ce qui encourage le gâchis des fonds publics et la corruption et contribue au recul de l’enthousiasme du fait développementaliste.
  • L’interaction religieuse et culturelle : les question de la source et la place de la religion dans les affaires publique ont suscité un grand débat en 2009 et 2010. Le discours laïque s’est appuyé sur trois principes la primauté de la source internationale sur les lois nationales, la séparation entre la religion et la politique, la phobie des islamistes.
  • Interaction religieuse et politique : une partie du rapport est consacré au sujet des partis politiques et à la question de l’identité  en mettant l’accent sur 133 questions parlementaires orales et écrites adressées au Ministère des Habous et Affaires Islamiques contre 177 questions adressées aux autres départements. dans le même cadre le rapport a traité les interactions du religieux et sécuritaire en ce qui est de la gestion de la relation avec les mouvements religieux, la salafia al jihdia cellules démantelées et leurs rapports avec al Qaida, la solidarité des associations oeuvrant dans le domaine de droits de l’homme avec les détenus de la salafia Al Jihadia et enfin l’interdiction du parti Al badil Al hadari (Alternative civilisationelle) et Hizb Al oumma(parti de la nation).

Axe5 : les Juifs Marocains.

Ce dernier axe s’intéresse à la situation des juifs Marocains partant du contexte historique de la communauté juive, la composition de son identité au Maroc, l’histoire d’émigration des juifs, les principaux Moussems (festivals) juifs leurs insertion dans la vie publique, leur situation par rapport au code de la famille, et finalement leurs attitude en ce qui concerne l’agression sioniste de Ghaza. Le rapport enregistre d’une part la réduction du nombre des juifs Marocains due à l’émigration notamment des jeunes, en effet les membres de la communauté ne dépasse pas 3000 actuellement, d’autre part les relations de la communauté avec les autres citoyens demeurent normales avec des exceptions rares qui reviennent à des causes non religieuses. le rapport enregistre aussi une progressive d’interet à l’aspect spirituel juifs fêtes mausolées etc.